13 novembre 2020 Stéphanie CAUMONT

Le linge basque et la pierre d’Arudy homologués indications géographiques par l’INPI

Deux nouvelles indications géographiques sont homologuées par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) le vendredi 13 novembre, date de publication des avis au Journal officiel : le « linge basque » et la « pierre d’Arudy ».

Le dépôt d’une indication géographique

Une indication géographique distingue un produit originaire d’une zone géographique déterminée et qui possède des qualités, une notoriété ou des caractéristiques liées à ce lieu d’origine. Elle protège le nom dudit produit des contrefaçons et autres copies. Seule la présence du logo officiel garantit l’authenticité d’un produit.

Ses caractéristiques sont spécifiées dans un cahier des charges examiné par l’INPI.

Seuls une association ou un syndicat professionnel, regroupant de manière représentative les opérateurs concernés (artisans ou entreprises), peuvent déposer une demande d’homologation. C’est ce collectif qui se voit déléguer la défense et la gestion de l’indication géographique. L’homologation est délivrée à l’issue d’une instruction et d’une enquête publique conduites par l’INPI. Chaque opérateur souhaitant pouvoir en bénéficier doit être audité par un organisme externe, accrédité officiellement. Il est ensuite régulièrement contrôlé, pour vérifier qu’il respecte toujours le cahier des charges.

Le dépôt d’une indication géographique coûte 350 € et se fait sur le site de l’INPI.

Le linge Basque

Le linge basque est un savoir-faire traditionnel propre aux tisserands implantés dans les Pyrénées-Atlantiques. Apprécié pour sa robustesse, il est tissé à partir de fibres naturelles – coton et/ou lin – et associe couleurs et motifs décoratifs. Il se décline en produits riches et variés : linge de table, accessoires décoratifs, vêtements ou encore équipements pour les animaux.
La culture traditionnelle du lin a favorisé l’installation d’ateliers de tissage familiaux dans la région. Un succès au départ agricole avec la « mante à bœuf », une toile épaisse qui servait à protéger le bétail, avant de s’étendre au linge de maison au milieu du XIXe siècle. A l’origine appelée « toile du Béarn », cette appellation a été remplacée au profit de « Linge basque » avec l’essor du tourisme sur la côte atlantique.

L’utilisation de matières naturelles et de procédés traditionnels de tissage confère au linge basque une réputation de qualité. Deux étapes de fabrication sont couvertes par l’indication géographique :
– les opérations de tissage du linge : l’ourdissage (tirer les fils), le nouage (relier les fils), le réglage (vérifier le débit) et le tissage (croiser les fils),
– les opérations de confection des produits : nappes, espadrilles, torchons, coussins, rideaux, transats, etc.

L’indication géographique « linge basque » couvre le département des Pyrénées-Atlantiques.

Les entreprises concernées pour le linge basque sont : Tissage Moutet, Tissages Lartigue, Lartigue 1910.

La gestion et la défense de l’indication géographique « linge basque » sont déléguées au syndicat des tisseurs du linge basque, créé en 1953 par les professionnels de la filière.

La pierre D’arudy

Certaines carrières de marbre des Pyrénées-Atlantiques ont donné naissance à un minéral rare, où des monticules de boues (ou mud mounds) ont formé à l’ère Crétacé inférieur des cristaux très fins, caractéristiques de la pierre d’Arudy. Cette roche calcaire est réputée pour sa solidité et son esthétique. On lui attribue notamment les qualités du marbre : résistante, massive et de couleurs grises.


L’activité d’extraction et de façonnage de cette pierre se fait depuis plusieurs générations, ce qui a perpétué et développé ces savoir-faire dans la région. L’évolution du réseau de transport a ensuite permis à la pierre d’Arudy de s’exporter au niveau national puis à l’international.
Destinée à la construction d’édifices publics, elle continue à décorer nos paysages urbains. On la retrouve parmi les matériaux de monuments aussi célèbres que l’Opéra Garnier à Paris ou l’Empire State Bulding à New-York. Souvent utilisée dans le bâtiment, dans la voirie ou en sculpture, elle est aussi très utilisée en décoration intérieure, plus particulièrement pour les cuisines et les salles de bain.
La rareté et les propriétés exceptionnelles de la pierre d’Arudy encouragent le développement de techniques préservant les qualités de la roche : l’extraction se fait par sciage au fil ou câble diamanté, par haveuse ou par perforatrice, selon les caractéristiques du gisement. Les procédés de façonnage, depuis le bloc jusqu’au produit fini, se divisent en plusieurs étapes (sciage, surfaçage, égrisage, polissage, moulurage…), dont certaines nécessitent d’être réalisées manuellement.
L’indication géographique « pierre d’Arudy » couvre l’aire géographique suivante :
– Arudy, Bescat, Louvie-Juzon (64) pour les opérations d’extraction
– Pyrénées-Atlantiques (64), Hautes-Pyrénées (65) et 196 communes des Landes (40) pour les opérations de transformation (façonnage, surfaçage et finitions).

Les entreprises concernées pour la pierre d’Arudy sont : Marbrerie Darget, Marbrerie Dubourdieu JF et Fils, Carrières Laplace, Société industrielle du Neez, SASU APTP, Marbrerie Moncayola, SARL Bouneou et Larralde.

La gestion et la défense de l’indication géographique « pierre d’Arudy » sont déléguées à l’association Pierres naturelles Nouvelle-Aquitaine, créée en 2017 par les professionnels de la filière.

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Stéphanie CAUMONT Consultante et Formatrice sur les Réseaux Sociaux, Stéphanie CAUMONT accompagne les entreprises qui souhaitent développer la notoriété de leurs marques sur les Réseaux Sociaux.